Une main qui écrit dans un carnet avec un stylo à plume. Photo by Ben-Art.

Défi Écriture Jour 56/109 : Mes débuts de vie de maman séparée

Quelques mois plus tard, le temps de s’organiser et du renom de notre location, je suis partie m’installer dans un nouvel appartement lumineux avenue Mozart dans la commune de Forest à Bruxelles.


J’ai d’ailleurs toujours un petit sourire automoqueur au coin des lèvres en écoutant la chanson de Brigitte Fontaine « Je suis décadente » (😉 pour celles et ceux qui ont la réf).


Ces derniers mois passés ensemble étaient particuliers. Nous avions déjà mis en place une forme de garde alternée en définissant les jours où chacun à notre tour, nous restions à la maison avec notre fille.


Nous ne faisions plus que nous croiser.


À l’époque, j’étais une autre femme quand j’y repense.



J’avais à peine une vingtaine d’années, j’émergeais d’une atmosphère vieillotte à laquelle j’avais essayé de correspondre pendant 4 ans.

J’étais une secrétaire d’accueil qui faisait ses débuts dans un petit hôpital délabré destiné aux personnes en difficultés financières.

J’étais surtout totalement larguée et apeurée.

Je n’avais aucune idée de comment j’allais pouvoir assumer ma maternité, ma vie, mon emploi.


J’étais spectatrice de ma vie, comme flottante à la recherche d’une bouée de secours.


Et il y a eu cet homme, ce sauveur de la pauvre femme en détresse que j’étais.

Le jeu classique pour une nouvelle relation chaotique.

C’est avec lui que j’ai emménagé, car sincèrement je n’avais pas d’autre solution possible à mes yeux à ce moment-là.


Cela n’a pas duré longtemps avant que je me réfugie chez mon frère qui habitait quelques rues plus bas.


Je t’avoue que c’est une tranche de vie dont je ne suis pas très fière.


Je ballotais ma fille entre 2 caisses et un sac de déménagement en déménagement.

J’accumulais les contrats et les licenciements.

Je me battais avec ma jeunesse qui rêvait de liberté, d’insouciance, d’amusement et de frivolités.

Complètement paumée, je collectionnais les aventures jusqu’à ce que je tombe amoureuse.


C’est là que nos valises se sont posées un temps.

Mais nous étions si inconscients tous les deux que cette soudaine stabilité apparente était aussi fragile qu’un château de cartes.

Nous voulions être une famille sans savoir comment faire.

Dans notre perception s’était renoncé à nos rêves de liberté, à toutes les bêtises que l’on peut faire à 20 ans et c’était impensable !


En même temps, dans un merveilleux paradoxe, nous étions convaincus que pour être une famille, il nous fallait ressembler à ce tableau parfait que nous avait inculqué la société et notre éducation : avoir un grand appartement, une voiture, de belles choses, une grande télévision et j’en passe..


Que nous étions loin de la vérité, je le sais aujourd’hui.


Quand je repense à moi à cette époque, ce que je vois c’est un pantin désarticulé qui passe de main en main sans aucun contrôle ou pouvoir.


Je rêvais d’être une bonne mère, je rêvais d’être ce que je n’avais jamais eu.


C’était mes propres mots en apprenant ma grossesse.

Mais tout en moi était contradictoire, difficile, inatteignable.


Je n’étais pas encore une mère, j’étais une adolescente qui se battait avec elle-même.


Ce début de vie de maman m’a amené à m’identifier à ma mère.

À cette part d’elle absente, inconséquente, incapable d’amour.


Comme si je ne pouvais faire autrement alors que j’aimais ce petit être plus que tout.

Et même si je faisais tout de travers dans les faits, dans mon cœur, j’aurais fait n’importe quoi pour la protéger.


Et c’est ce que j’ai cru faire lorsque le château de cartes s’est effondré.


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De cœur à cœur,

Anha🌹