Une main qui écrit dans un carnet avec un stylo à plume. Photo by Ben-Art.

Défi Écriture Jour 42/109 : Par-don de soi

Hier, je t’écrivais que pour accompagner les femmes, j’avais dû prendre le chemin du pardon.

Me pardonner à moi-même, aux femmes qui ne m’ont pas protégée, à celles qui m’ont blessée.


Je dois t’avouer que je suis loin d’avoir accordé mon pardon à toutes ces personnes.


Le pardon n’est pas quelque chose que l’on décide ou qui apparaît soudainement après un stage de développement personnel ou spirituel.

Ce n’est pas non plus une obligation, le Graal ultime à atteindre pour vivre heureuse et se sentir bien.

Et pardonner est encore moins effacer ce qui a été fait.


C’est beaucoup plus subtil que cela.

Aujourd’hui, je dirais que c’est quelque chose que l’on ressent dans son cœur et dans corps.

Un sentiment qui se traduit par d’autres comme la compassion que je peux ressentir pour la jeune femme que j’étais dont j’ai jugé durement les actes et les paroles pendant longtemps.

La pitié aussi que j’éprouve pour d’autres parce que je peux voir aujourd’hui que dans leurs mondes, il n’y avait pas d’alternative.


Pardonner c’est se libérer d’une colère nous dit-on.


Certes, c’est vrai.

Mais la colère n’est-elle pas légitime ?

Ne peut-elle pas faire partie de nous sans forcément être perçue comme négative ?

Dans le monde d’aujourd’hui, une personne triste est faible, une personne en colère ne va pas bien.

La colère, personnellement, je la remercie, elle m’a tenu en vie, elle m’a donné la force de me battre.

Elle m’a permis de poser mes limites.


Parfois, il arrive que lorsque les vieilles colères remontent encore, elles m’empêchent de dormir.


Lorsqu’elles reviennent, c’est souvent parce que je suis en train d’accepter un comportement qui me blesse, qui ne me convient pas et qui fait écho au passé.


Alors, non je n’ai pas pardonné à toutes ces femmes de mon passé.


Mais je peux voir aujourd’hui la beauté de chaque femme que je rencontre, sa beauté intérieure, l’aimer sincèrement sans la craindre, sans l’assimiler à de vieilles blessures dont elle n’est pas responsable.


J’ai envie de te partager ce texte que j’ai écrit en 2017.

Un texte qui pour moi reflète ce que j’ai pu apprendre tout au long de ces années qui m’a permis d’avancer, mais aussi cette drôle de perversité qu’est cette l’obligation d’être bien-pensant que nous impose les milieux de la spiritualité et du développement personnel.


Entre ombre et lumière


Aujourd’hui j’apparais tel que je suis sans fioriture

Entre ombre et lumière


Toutes ces années j’ai travaillé à maitriser la colère et l’agressivité

À devenir optimiste, bien-pensante et bienveillante


Au lieu d’interpréter

J’ai appris à écouter


Au lieu de hurler

J’ai appris à parler


Au lieu d’être négative

J’ai appris à rendre mes échecs constructifs


Au lieu de sombrer

J’ai appris à me connecter à mon corps et ses ressources


Souvent, j’ai cru que tout était acquis

Être humain que je suis


Mais rien ne l’est jamais..

Tout s’évalue, tout évolue

Perpétuellement


La colère et l’agressivité

Je les avais juste enfouies

Bien au fond

Mais elles sont là

Elles font partie de moi


Entre ombre et lumière

Aujourd’hui est le jour où je peux les recevoir

Les accueillir sans peur de décevoir

En faire mes forces


Je suis sur le chemin de la guérison

Celle qui écoute et qui compatit


Je suis celle qui se souvient et qui transmet

Aujourd’hui un peu plus près de l’unité juste

De ce qui est juste pour moi


Un être d’ombre et de lumière

Une femme, une mère.


De cœur à cœur,

Anha🌹