Une main qui écrit dans un carnet avec un stylo à plume. Photo by Ben-Art.

Défi Écriture Jour 38/109 : Une suite logique

Depuis hier, je fais le petit devoir que m’a donné ma dentiste.

Observer à chaque fois que je serre la mâchoire, histoire d’être de plus en plus en conscience, de relever les différentes situations et de commencer à essayer de la relâcher à chaque fois que cela se produit.


Et bien ce que j’observe c’est que je serre tout le temps, vraiment tout le temps peu importe ce que je fais.

À chaque fois que je m'en rend compte, je prends une grande respiration.

J’inspire par le nez et j’expire à fond la bouche ouverte en relâchant le son qui est là.

En faisant cela, je m’aperçois qu’il n’y a pas que ma mâchoire qui se tend, mais aussi mes épaules, mes bras et même mon ventre.

Quand je prends cette respiration, c’est tout cela que je détends aussi.

S’en suit un sentiment d’apaisement dans mon corps, même s’il est bref, il est là.


Il y a un petit bémol, si je puis dire ainsi, à cet exercice fabuleux.

J’ai l’impression d’être un élastique que l’on a trop tendu.


Tu sais quand tu le relâches, il est tout distendu, il ne tient plus rien.

Comme quand tu reçois un massage et que tu sens soudainement à quel point tu avais mal.

Ou encore comme lorsque tu prends enfin des congés et que tu tombes malade parce que ton corps décompense.


Voilà ! C’est celui-là le mot que je cherchais.. Décompensation.


J’ai l’impression d’être une loque !

Et ce ne sont que les premiers jours.


Décompensation physique, mentale et émotionnelle.


Mentale parce qu’à chaque fois que je me rends compte de la contraction, je remets les choses en perspective.

L’urgence, l’importance, la difficulté de ce que je suis en train de faire.

Est-ce nécessaire d’être sous pression ?

La réponse est toujours non.


Émotionnelle, parce qu’il y a une forme de colère de m’être infligé cela depuis si longtemps sans réagir.


Et cette émotion particulière que j’ai déjà ressentie lorsque la mémoire m’est revenue.

Ce n’est pas vraiment de la tristesse même si elle se traduit par des larmes.


C’est la reconnaissance.


Cette petite Anha intérieure qui se sent validée et qui en est émue aux larmes.

« Tu vois tout ce que j’ai contenu et qui est toujours là, conservé dans toutes tes tensions »


Il est temps de lâcher, de laisser tout cela me quitter, laisser le passé et ce vieux mécanisme qui n’est plus nécessaire aujourd’hui, qui me desserre.

Laisser la petite Anha s’exprimer, raconter à travers la femme adulte, la mère que je suis devenue.


N’est-ce pas là l’objet de ce défi, te partager mon récit ?


Le récit de cette enfant devenue femme puis mère, de son besoin de comprendre, de son besoin de réponses qui ont guidé ses pas pour faire de son mieux avec ce désir de transmettre une autre perception de la vie, de soi à ses filles.


Je t’ai déjà parlé de certaines étapes de ce chemin, de mon parcours, mais je sens en moi cette retenue qui m’empêche encore d’être plus profonde, plus sincère, directe, totalement moi dans ma façon de t’écrire et ce que je souhaite vraiment partager avec toi dans ce blog.



Au final, c’est assez normal que ce soit maintenant dans ce défi que j’arrive à la limite des douleurs que je puisse supporter dans cette mâchoire contractée, dans le combat interne entre celle qui veut exprimer et celle qui contient.


J’éprouve chaque jour de la satisfaction à la publication de l’article parce que je continue de cheminer, parce que je respecte ma promesse à moi-même de me réaliser et mon engagement envers toi.


Je l’écrivais hier, tout ceci n’est qu’une suite logique.


De cœur à cœur,

Anha🌹