Une main qui écrit dans un carnet avec un stylo à plume. Photo by Ben-Art.

Défi Écriture Jour 34/109 : C’est quoi se donner de la valeur ?

D’après la définition du Robert, la valeur d’une personne est ce en quoi celle-ci est digne d’estime et l’estime c’est attribuer de l’importance à quelqu’un.


Se donner de la valeur, c’est se donner de l’importance.

Je ne parle pas d’égo ou de supériorité.


Quelle importance te donnes-tu dans ton quotidien ?

Quelle est l’attention que tu portes à tes besoins physiologiques, émotionnels, intellectuels, et spirituels ?

Est-ce que tu as tendance à toujours te faire passer après les autres comme je l’ai fait pendant longtemps ?


Je me souviens de ces deux rencontres qui m’ont fait prendre conscience du manque d’égard que je me portais.


En 2004, lorsque ma fille cadette luttait pour la vie, bien entendu, j’étais loin d’être ma priorité.


Je suis restée à son chevet 24 h sur 24 pendant plus d’un mois veillant, lui apportant des soins, de l’amour et me battant contre le corps médical.

Au moment où son état s’est amélioré, nous avons été transférés vers un hôpital plus proche de chez nous.

Elle était en fin de traitement en observation, une sorte de convalescence, son pronostic vital n’était plus en danger.


À ce stade, je ne pesais plus que 40 kg, je tenais à peine debout.

Ma détresse et mon stress m’avaient rongée jusqu’à l’os.


C’est alors que j’ai rencontré cet infirmier extraordinaire dont la première intervention a été de me dire :

« madame, votre fille va bien maintenant. Elle va bientôt rentrer à la maison débordante de vie, il est temps de prendre soin de vous sinon vous allez vous écrouler au lieu de pouvoir profiter de son retour. »


Et cet homme m’a aidé à prendre soin de moi, à me reposer, manger et reprendre des forces pour être pleine d’énergie pour le retour de ma fille.


Il avait raison vu mon état même si je t’avoue que j’ai eu du mal à l’admettre et à lâcher prise.


Ensuite, j’ai rencontré cette vieille dame, une magnétiseuse étrange entre la vieille sorcière aux cheveux blancs et la mamie bruxelloise à l’accent trop marqué.

J’étais allé la voir pour m’aider à apaiser l’angoisse de perdre ma fille qui me collait à la peau après cette expérience que j’ai vécue comme traumatisante.


Après son soin dans son arrière-boutique, elle m’a demandé de quoi j’étais fière..

J’ai eu du mal à répondre et la seule chose qui m’est venue à l’esprit était ceci : je suis arrivée à devenir une bonne mère.


J’avais répété ce ma belle-grand-mère m’avait dit à la sortie de l’hôpital.

Je peux te dire que c’était important pour moi à l’époque surtout venant de cette dame.

Mais ce n’est pas le sujet.


Elle me regarda d’un air interrogateur et me questionna sur ce que cela voulait dire pour moi : « Que fais-tu dans les actes pour être une bonne mère ? »


Je me suis mise à lui énumérer allègrement une liste de choses auxquelles je portais grande attention et soin pour le bien-être à tous les niveaux de mes enfants.


Quand j’eus fini, elle acquiesça et valida ma liste en affirmant que tout cela était bien indispensable.


Enfin, avec un air espiègle, elle me demanda : « et toi dans toute cette liste, qu’est-ce que tu fais aussi pour toi ? »


Il n’y avait pas grand-chose !


Je t’invite à faire cet exercice et tu m’en diras des nouvelles.


Prends une feuille que tu divises en 2 colonnes.


Dans la première colonne, note toutes les choses auxquelles tu fais attention pour tes enfants ou si tu n’as pas d’enfants pour tes proches (manger, boire suffisamment, dormir, être au chaud… du plus basique au plus élaboré, en reprenant tous les aspects physiques, émotionnels, bien-être, éducatifs…)

Et dans la deuxième colonne, coche en face de chaque acte que tu poses pour eux, ce que tu fais pour toi aussi.


Il se peut que tu t’aperçoives comme moi à l’époque que le ratio n’est pas élevé.


Cette vieille magnétiseuse a appuyé sur le clou que l’infirmier avait commencé à planter.

Comment pouvais-je faire en sorte que ceux que j’aime aillent bien si je n’allais pas bien moi-même ?


Elle me dit ceci : « Tes enfants sont importants pour toi et tu es importante pour eux. Si tu ne t’occupes pas de toi, que tu vas mal, qu’advient-il d’eux ?


C’était une porte qui parlait “mon langage”


Une porte pour commencer à comprendre qu’il était essentiel que je prenne soin de moi, que je porte de l’attention à mes besoins et que j’y réponde, que j’apprenne à les respecter, à leur donner l’importance qu’ils méritent avant toute chose.

Que je nourrisse mon corps, mon cœur, mon esprit pour me sentir épanouie dans mon corps et dans ma tête.



C’est cela se donner de la valeur, de l’importance.

C’est se faire passer en premier et ce n’est pas de l’égoïsme.


Au mieux, l’on se sent, au plus toi, moi, chacun de nous, peut en faire profiter les gens qui l’entoure, sa famille, ses proches.


Peut-être que c’est difficile pour toi aujourd’hui de te donner cette importance et je le comprends.

Je t’invite à commencer par quelque chose de tout petit pour ton bien-être et observe ce qu’il se passe pour toi.

Demande-toi ce qui t’empêche de te donner de l’importance à tes yeux.


Si tu souhaites du soutien sur ce chemin, sois libre de m’écrire par ici en commentaire ou de me contacter par mail.


De cœur à cœur,

Anha 🌹