Une main qui écrit dans un carnet avec un stylo à plume. Photo by Ben-Art.

Défi Écriture Jour 32/109 : Est-ce que toi aussi tu ressens ce besoin de tout contrôler ?

Contrôler tes émotions, ton apparence, l’organisation au boulot, dans ta maison.

Contrôler la dynamique des interactions avec tes proches, dans ton cercle amical.


Tout ceci part généralement d’une bonne intention.


Par exemple, je sais que j’ai tendance à vouloir contrôler certaines de mes émotions par peur qu’elles n’impactent trop mon compagnon et mes filles.

Je suis en paix avec mon image et assez nature au quotidien, néanmoins, je contrôle mon apparence publique, car cela fait partie du jeu même si je ne suis pas encore une star du web, haha ! J’ai envie de te plaire d’une certaine façon.


J’ai besoin de tout contrôler ou presque dans l’organisation de mon travail et de ma maison. Là, par contre, c’est viral !


Est-ce que tu t’es déjà demandé pourquoi c’est si important de tout contrôler ?


Cela se résume en ceci : une forme de perfectionnisme, car tout doit être parfait pour que ça aille bien !


Je ne sais pas pour toi, mais personnellement, ce besoin de perfection est essentiellement tourné vers ceux que j’aime.

Tout doit être sous contrôle pour être parfait pour que ceux que j’aime se sentent bien.


Dans ce mécanisme, ma croyance est que si je m’arrête, si je ne contrôle plus mon monde, tout s’écroule ce qui les rendra malheureux.


Ce qui est complètement faux dans ma réalité d’aujourd’hui.


Est-ce que cela se rapproche de ce que tu ressens ?


J’y travaille doucement, car je sais que ce n’est pas juste ni pour eux ni pour moi.

Agir de la sorte, c’est ne pas laisser sa place à l’autre, avec ses responsabilités, son énergie, son savoir-faire.


C’est m’épuiser systématiquement à vouloir tout gérer, mon cerveau s’overdose et mon corps paye la note.


N’est-ce pas ?


Tout cela c’est le pourquoi en surface, c’est mon joli mécanisme que je vois, que j’assume et que je peux facilement expliquer.


Mais derrière.. Qu’est-ce qui l’a construit ?


Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui, moi, Anha, j’ai peur que tout s’écroule si j’arrête de tout contrôler ?

Cela remonte à la petite Anha.

Cette petite fille qui vivait avec son père et sa grand-mère.


Son père alcoolique qui répétait chaque jour à quel point sa vie était difficile, car il devait élever cette enfant.

Une grand-mère lancinée par le sacrifice qu’elle avait fait d’accueillir ce fils et sa fille chez elle.


Cette petite fille-là n’avait pas le droit d’être triste, de se plaindre aux vues des tourments qu’imposait déjà sa présence.

Elle devait être la joie, coûte que coûte.

Cette joie qui leur permettait d’être fiers et de tenir bon.

Elle devait veiller à ce que papa n’oublie pas d’éteindre le gaz de la cuisinière lorsqu’il réchauffait son repas en rentrant saoul dans la nuit.

Elle devait veiller à ce que sa grand-mère ne reprenne pas un médicament qu’elle avait déjà pris.


Cette petite fille tenait dur comme fer à ce que son monde ne s’écroule pas, pas davantage.


Mon pourquoi, c’est celui-là.

J’en ai conscience et je rassure cette petite Anha en moi en lui rappelant qu’aujourd’hui ce n’est plus ma réalité.

Parfois, je lâche la pression et à d’autres moments cela m’est encore impossible.

Et le plus souvent, cette petite Anha m’apporte, aujourd’hui, bien du courage et de la persévérance pour avancer vers les rêves que je nourris.

C’est son super pouvoir.


Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir.


De cœur à cœur,

Anha.🌹