Une main qui écrit dans un carnet avec un stylo à plume. Photo by Ben-Art.

Défi Écriture Jour 26/109 : Une relation intime peu banale

Un lien peu banal que je n’aurais jamais imaginé.

Hier je te dressais le 1er tableau de mon rapport à l’argent construit sur mon éducation, sur la référence de la relation de mes parents avec la prospérité financière.


Mais comme je te l’écrivais dans mon article, à mes yeux, notre liaison à l’argent, même si elle est influencée par ceux-ci, est bien plus intime qu’il n’y paraît.

Elle reflète une partie de notre relation à nous-mêmes.

Elle est le miroir de la perception que l’on de soi.


Au cours de ce voyage intérieur entrepris pour décoder les blocages qui m’interdisaient une relation saine avec l’argent, j’ai mis en lumière le lien entre mon corps, ma sexualité et l’argent.


Laisse-moi te révéler le deuxième tableau.


Depuis ma plus jeune enfance, mon corps était l’objet de convoitise sexuelle malsaine alors que ma féminité était confrontée au rejet et au dédain.

Dans mon cœur de petite fille, je me sentais d’une part comme quelque chose qui ne pouvait pas exister et d’un autre comme l’objet du plaisir.


À l’adolescence, ma seule éducation sexuelle transmise par ma mère a été limitée à ce principe qui dit que la femme doit le plaisir à l’homme et que c’est là son seul pouvoir pour obtenir ce qu’elle désire de n’importe qui.


Pour résumé par ses mots : la femme se doit d’être une bonne s*l*pe au lit.

Et j’ai joué le jeu !

C’était facile de manipuler, de tromper, d’éveiller le désir et de donner ce corps qui n’avait aucune valeur pour moi.

D’accepter d’être une espèce de poupée gonflable vivante.

C’était l’unique moyen que je connaissais pour ressentir une forme de pouvoir.

Un pouvoir qui me permettait d’attirer l’attention, de recevoir certaines formes de sécurité : une protection physique, un toit où loger.


J’ai été jusqu’à poser pour des photos pornographiques contre une rétribution financière à l’âge de 16 ans.

Apogée de mon pouvoir sur l’homme.


Je me construisais en tant que femme dans l’archétype de la prostituée et j’étais fière de devenir ce que je croyais être une vraie femme.



J’ai continué de développer mon pouvoir pour obtenir cette fois de l’amour, enfin ce que je croyais être de l’amour jusqu’à ce que finalement, je me retrouve seule face à moi-même.


C’est alors qu’en faisant la rétrospective des années passées, j’ai été dégoûtée de la personne que j’étais, de mon corps.


Je l’ai renié et je me suis coupée de ma sexualité.


Je voulais qu’on m’aime pour mon esprit, mon humour ou ce que je pouvais apporter aux gens, n’importe quoi sauf mon corps.

Je me suis montrée sur un autre jour, à l’opposée, d’ailleurs assez radical, de ce que j’avais pu être.

J’ai noué de nouvelles relations.

J’ai commencé à rendre soin des autres, cela sans juste mesure et surtout en refusant catégoriquement toute forme de retour, de rémunérations ou d’aide.


Au fil des années, prendre soin des autres est devenu mon métier passion, cela donnait un sens à ma vie, des valeurs hautes auxquelles je pouvais me rattacher.


J’ai choisi d’en faire mon activité professionnelle principale, celle qui amène de la nourriture dans l’assiette de mes enfants.

Pour cela, je devais commencer à vendre mes services…

Tu l’as compris, c’est ici que j’ai dû comprendre ma relation à l’argent et par la même occasion ma relation à moi.


Revisiter mon histoire, casser les codes qui faisaient partie de moi, me pardonner, me donner la valeur que je ne m’étais jamais donnée auparavant, renouer avec mon corps de femme, ma sexualité, me donner de la compassion et de l’amour pour soigner toutes ces parts de moi.


Celle du 1er tableau qui revendiquait que l’argent c’est pour les autres et c’est corrompu.

Celle du 2e tableau qui refusait d’être à nouveau une prostituée qui vend ses services.

Celle qui n’a pas de valeur et ne mérite pas le bonheur à cause de ses actes passés.


OUI, la relation à l’argent est une liaison profonde et intime.

Une connexité peu banale et pourtant si évidente aujourd’hui qu’elle est mise en lumière.


Pour nous femmes, entre notre corps, notre sexualité, cet archétype de la prostituée qui existe en chacune de nous, la perception que nous avons de nous-mêmes et la vision que notre société a de nous.


De cœur à cœur,

Anha🌹