Une main qui écrit dans un carnet avec un stylo à plume. Photo by Ben-Art.

Défi Écriture Jour 25/109 : L’argent, l’oseille, le flouze !


Je te l’ai promis hier, je te l’écris aujourd’hui.

Un sujet bien polémique pour la chronique du jour.


L’argent, l’oseille, le flouze, les pépètes, la galette, le fric, le pognon, le grisbi, le pèze..

Elle en a des noms cette énergie d’échange transformée en objet que nous désirons tant.


Nous courons tous pour attraper l’abondance, la prospérité et nous l’approprier.


Ces mots, abondance et prospérité, tellement utilisés à toutes les sauces dans le développement personnel.

Il y en a des programmes disponibles sur le marché pour activer, développer, attirer l’abondance.


Et j’en ai fait, plus d’une fois !


Je n’ai pas honte de t’écrire que j’ai même suivi des personnes qui me proposaient des rituels et talismans en tout genre pour attirer l’abondance à moi.

Au final, j’y ai plus perdu ma chemise que je n’y ai gagné quelque chose.


Bien sûr, il y a le contexte économique que nous vivons aujourd’hui.

Je ne suis pas économiste et je ne vais pas me lancer dans une analyse à deux francs de ce contexte.


Ce que je perçois de la relation à l’argent est sous un angle personnel.


Permets-moi de te partager ceci.


D’abord comme de nombreuses personnes de ma génération, j’ai été élevée dans la peur du manque laissée par la mémoire de la guerre en parallèle à l’envie et la facilité de consommation avec un marché qui offrait de plus en plus de possibilités.


Cela faisait un drôle de mélange dans notre maison où je vivais avec ma grand-mère et mon père.

Il y avait là une cohabitation d’idées totalement opposées.

D’un côté, nous avions peur de manquer, c’était toujours la débrouille et d’un autre dès qu’on avait de l’argent, il fallait dépenser.

Moi, j’étais une petite fille à l’époque qui aimait recevoir des cadeaux.


Ensuite, il y avait ces préceptes que j’entendais souvent :

L’argent c’est pour les riches et les riches ce n’est pas nous

Il faut travailler dur pour gagner sa croute. (ils ont travaillé dur toute leur vie pour ne jamais rien avoir)

L’argent ne fait pas le bonheur

Ceux qui en ont sont des requins. Ils écrasent les petites gens et les petites gens c’est nous.


Dans ce contexte, comment aurais-je pu créer une relation saine avec l’argent ?

Pour moi, c’était d’un côté une convoitise, quelque chose qui me rendait jalouse des autres.

Et en même temps le mal incarné, quelque chose que l’on ne pouvait pas garder ou faire grandir.


Maintenant que je t’ai dressé ce premier tableau, peut-être que tu t’y reconnais un peu.


Il est difficile de créer un équilibre avec cette vision de l’argent quand tu entres dans le monde des adultes.

Et cela été le cas.


Je me débrouillais à mon tour.


Quand j’avais un peu d’argent, je le dépensais en futilité ou en cadeaux sans aucun sens des priorités.

Une année, j’ai même préféré acheter des cadeaux à mes filles au lieu de payer mon loyer ! je voulais leur offrir un Noël magique, démesuré.. OK, mais après ?


Et à côté de cela, bien évidemment, je continuais de me plaindre d’être toujours dans la difficulté, de ne jamais m’en sortir.


À force de situations abracadabrantes les unes après les autres, année après année, j’ai fini par apprendre à développer mon sens des responsabilités.


Cependant l’argent restait l’ennemi numéro 1.


Quelque chose de mauvais qui nous veut du mal.

Quelque chose à bannir et peut-être qu’il l’est.

Il corrompt de nombreux êtres humains sur cette planète provoquant des injustices innommables.


Et j’ai vécu ainsi en revendiquant ma pauvreté aux yeux des autres, tout en rêvant secrètement qu’un jour je n’aurais plus peur de manquer, plus besoin de compter, plus besoin de me débrouiller.


Je me dis que peut-être, ici aussi, tu te reconnais.

Et c’est OK, cela ne fait pas de nous de mauvaises personnes.

Nous vivons dans un monde où l’argent existe et certains disent qu’il fait tourner le monde.


Et puis un jour, j’en ai eu assez et j’ai décidé d’arrêter de me débrouiller.


(là j’imagine déjà les commentaires qui me clouent sur la croix)

Non je ne t’écris pas qu’il suffit de vouloir.

Je t’écris que faire un choix engendre des actes et des comportements qui finissent par changer une situation.


Donc, un jour j’ai décidé d’arrêter d’avoir peur, de me faire confiance et de chercher comment je pouvais faire pour vivre au lieu de survivre.


(Et ici, je ne te vendrai pas un super plan marketing non plus ! Haha)

Cette année-là, j’ai investi plus de 5000 euros pour mon épanouissement.


Cet argent, je ne l’ai pas dépensé, je l’ai investi.. en moi pour comprendre tous les mécanismes, les limites, les blocages qui m’empêchaient de vivre comme j’en avais envie au lieu de vivre comme on avait dit de vivre.


J’ai découvert que je ne me donnais pas de valeur, qu’être sans valeur faisait de moi une personne qui ne mérite pas.

J’ai même mis au jour un lien entre mon corps, ma sexualité et l’argent.

Mais je t’en parlerai plus tard.


Ce que je veux t’écrire aujourd’hui, c’est que notre relation à l’argent même si elle est influencée par un contexte économique, une gestion bancale, mal construite sur une éducation hasardeuse.

Elle n’est pas que cela, elle est plus intime, profonde, personnelle.

Elle traduit une partie de notre relation à nous-mêmes.

Lorsque tu guéris, nourris cette relation à soi, le restes, change aussi.


De cœur à cœur,

Anha🌹