Une main qui écrit dans un carnet avec un stylo à plume. Photo by Ben-Art.

Défi Écriture Jour 20/109 : La flemme !

Pour une fois, je t’écris cette note le matin.

Depuis mon lit, j’entends le vent qui souffle dehors et les cliquetis de la pluie sur ma fenêtre.



Et j’ai la flemme…

La flemme de sortir de mon lit, de parler aux autres.

Une envie de faire l’ourse dans sa grotte.

Pourtant mes lunes sont passées et je pourrais être débordante d’énergie et d’enthousiasme, mais non…


Et puis dans mon lit je peux faire plein de choses : t’écrire, lire, regarder un film, crocheter et même bosser !

Ce n’est pas que je n’ai rien envie de faire, c’est juste un excès d’asociabilité.


Est-ce que tu connais cela aussi parfois ?


Peut-être ai-je besoin de repli, d’intégration.


C’est vrai que les derniers jours ont été un peu étranges comme tu as pu le lire dans mon post précédent.


Plein de trucs se sont bousculés dans ma tête et dans mes émotions.

Une rétrospective de ce mois de septembre.


Comme je te le racontais dans ma note du jour 8 de ce défi, le mois de septembre, la rentrée est cette période où le traumatisme de l’abus refait surface avec son éventail d’émotions et de pensées dévalorisantes.


Mais c’est aussi, le mois anniversaire de mon mariage à moi-même.

Un mariage avec soi, drôle d’idée me diras-tu.

Pas tant que ça.

C’est le moment où je me suis fait la promesse de m’aimer, de prendre soin de moi dans les moments heureux comme dans ceux plus difficiles.

Cette promesse que l’on fait si facilement aux autres, mais rarement à soi.

Cette année, c’était mon premier anniversaire de mariage.


Moment que j’ai choisi pour me raser les dreads que j’avais choisi de me faire faire pour l’occasion, il y a un an.

Comme si je faisais table rase du passé.

Un besoin de lâcher, de libérer ma tête, mon esprit de tout ce qui a été.


Et pour finir ce mois, l’anniversaire de mon père.

Son décès, il y a 5 ans, a été un électrochoc, le début de ce chapitre de ma vie, je pense.

Orpheline, j’ai quitté ma vie d’avant (et cela aussi, je l’ai fait juste avant le mois de septembre).


Après avoir vécu ce moment particulier avec lui avant sa mort où il m’a dit sans prononcer un mot tous les regrets et la culpabilité qu’il portait de la vie que j’avais vécue avec lui.


Un jour étrange où je me sentais partagée entre la colère et la compassion.

Tu l’as compris c’était le sujet du jour 18 de ce défi.


Comme s’il était présent à mes côtés pour me faire savoir qu’il me soutient, qu’il est fier, qu’il me valide.

Une part de moi lui répondait que je n’avais pas besoin de son approbation pour raconter la vérité.

Une autre se sentait apaisée

Et une troisième encore était en colère contre les parts de moi compatissante et apaisée..

J’étais comme prise de nostalgie, mais nostalgie de quoi ?

D’une vie de violence ?

Peut-être juste de ne pas avoir pu prolonger cet instant où enfin les mots de la vérité auraient pu être posés.


Cette rétrospective de septembre, c’est prendre conscience de ce cycle, des choix et des actes que j’ai posés ces dernières années sans forcément faire les liens.

C’est comme les pièces d’un puzzle qui reconstituent un tableau.

Un tableau qui me montre à quel point tout s’est transformé.

Qui dépeint la fin de quelque chose.

Une chose pour laquelle je manque de mots pour la définir.


Ce tableau, quand je l’observe, me donne la sensation étrange de connaître la femme que j’y vois sans vraiment la reconnaître.


De cœur à cœur,

Anha 🌹